Le voyage

 

Quelques précisions


J’ai fait ce voyage en Amérique du Sud en compagnie de Nicole Lussier, institutrice québécoise (jusqu’à Rio de Janeiro). J’ai continué seul pour boucler le tour en revenant au Venezuela. C’était un projet bâti pendant mon service de coopération à Sherbrooke qui prenait fin en décembre 1972. Ainsi j’ai pris un avion d’Air Canada direct pour les Antilles où j’ai retrouvé des amis connus à Sherbrooke qui avaient loué une maison à Terre de Haut. Le changement de température a été brutal : -15° à Montréal, +30° en Guadeloupe. Après un séjour à Terre de Haut et à Pointe à Pitre, nous avons atterri au Venezuela le 27 janvier.

Voyager pendant une année avec un budget limité a été possible à cause du faible coût de la vie (par rapport au dollar) certes, mais surtout grâce à l’accueil amical et à l’hospitalité généreuse des gens que nous avons rencontré dans les pays visités.

Des évolutions démocratiques étaient espérées (Brésil, Argentine), mais le tragique retour en arrière au Chili (septembre 73) nous a consterné. Quand nous étions au Chili, nous avions constaté les dégâts causés par le boycott économique et politique organisé par les Etats Unis.

Passer d’un pays à l’autre n’a pas été toujours simple, les conditions d’entrée variant selon les pays (visa ou pas, contrôle de change éventuel ou bien posséder un billet de transport pour quitter le pays - peu compatible avec un voyage itinérant). Et aussi le cas de passages peu fréquentés par les touristes à l’époque.

Le franchissement de certaines frontières a ainsi été particulièrement mouvementé.


Notamment, pour passer du Chili en Argentine, nous avons choisi un col (Paso Maluil Malal ou Tromen 1253m) entre Villaricca et San Martin de los Andes. Départ 6H30 de nuit. Le soleil se lève sur les cimes enneigées, il fait froid (nous sommes le 28 mai). Petit déjeuner avec du bon miel avant le poste des carabineros. Le douanier chilien nous refuse la sortie parce que nous avons omis de régulariser notre situation auprès de la banque du Chili (à cause du contrôle de change des devises). Nous laissons partir l’autobus et devrions retourner à Temuco (200 km) pour cette formalité. Cependant le douanier change d’avis et nous laisse partir avec deux chiliens montant au col avec une camionnette! Nous continuons sur une route (plutôt une piste) enneigée dans une forêt magnifique ... pour retrouver l’autobus embourbé quelques kilomètres plus loin. Le chauffeur va chercher de l’aide: on attelle six boeufs qui arriveront à sortir l’autobus de l’ornière. La camionnette subira le même sort. Le paysan nous offre de l’eau de vie de fruit, ça réchauffe. Au milieu d’une forêt d’araucarias nous continuons vers la douane argentine au pied du volcan Lanín (3776 m). Arrêt, fouille des sacs, tampon sur le passeport. Une petite marche dans la neige, rayons de soleil, un arc en ciel. On reprend l’autobus. Arrivée à San Martin de nuit.


Une route a été tracée entre Boa Vista (nord du Brésil) et Santa Elena de Uairèn (Venezuela), empruntée par des camions livrant des sacs de ciment au Brésil et retournant à vide au Venezuela. J’ai dû attendre un camion quelques jours à Boa Vista, heureusement hébergé et aidé par une famille.


Pour les photos, mon budget ne me permettait pas d’acheter des pellicules de diapo (prix élevé comme produit d’importation). Ma famille m’en a envoyé de France quand j’étais au Brésil, mais je n’ai pas reçu le colis. La plupart des photos sont donc en noir et blanc.


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